Trajectoire d'une pierre

 

Si je devais marcher toujours dans ces rues angoissées avec, pour seule issue, les portes de mon camp.

Et si les portes de mon camp étaient gardées par les chars pointés sur nous.

Si je devais, chaque matin, côtoyer ce béton désolé qui dit trop long du sang et des larmes passés.

Si je devais n'avoir pour toute enfance que cet exil qui n'est ni un refuge ni un autre chemin mais un danger encore.

Si je devais n'avoir jamais accès aux écoles que je devine, à ces livres qui font rêver et rire tous les enfants du monde.

Si je devais toujours sacrifier ma fougue et ma jeunesse à la mémoire éventrée de mon peuple. (...)

Je ne pourrais pas,  je ne pourrais pas.

Je crois qu'à son tour, ma main s'agiterait, ma main se baisserait, ma main prendrait la pierre.

Une exposition...

Camp de Chatila, 20 ans après. Deux regards pour décrire et témoigner du quotidien des enfants et des adultes du camp de Chatila. Après "Beyrouth, état des lieux", une immersion volontaire dans le camp de Chatila qui avait pour objectif d'explorer un autre visage du Liban et d'aborder, sous un angle strictement humain, la situation des Palestiniens réfugiés.

Cette exposition a été réalisée pour la "Semaine du Liban" dans les Pyrénées-Atlantiques en collaboration avec le cinéma d'Arts et d'essai le Méliès, les Amis du Monde Diplomatique et le Bar-librairie l'Entropie. Elle a été suivie d'une rencontre avec le politologue libanais Gilbert Achcar.

Dans le même temps, pour que résonnent toutes les mémoires, étaient présentés l'exposition "Beyrouth, état des lieux" et le documentaire de la réalisatrice libanaise Danielle Arbid, "Seule avec la guerre".